Méthode

5 attentes de vos professeurs (et 5 astuces pour vous aider à progresser)

En n'utilisant pas les bons termes vous trahissez votre manque de connaissance sur le sujet. Chaque terme juridique désigne une réalité précise.

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Peut-être vous a-t-on déjà dit que la fac de droit et la fac en général, sont des écoles de la vie ? Vous savez, toutes les phrases du style  » tu seras livré à toi même » » il faut apprendre à travailler en autonomie »« les profs font tout pour te couler  ne sont pas concernés par ton absentéisme, car pour eux, tu n’est qu’un numéro étudiant parmi tant d’autres »

Jusqu’en Master 2, voire Master 1 c’est quand même assez vrai. Que vous alliez aux cours d’amphis ou que vous restiez chez vous à décuver de la soirée de la veille (quelle idée aussi de mettre des cours de droit budgétaire le vendredi matin à 8h00 ?!) ne changera en rien la journée de votre prof. Bon, si vous êtes plutôt mignonne, il se peut qu’il ait un petit pincement au cœur, en se rendant compte que ce n’est pas aujourd’hui qu’il pourra reluquer votre décolleté scandaleusement plongeant… Que voulez-vous, être agrégé de droit n’empêche pas d’apprécier les belles formes d’être lubrique.

Mais passons.

Vous êtes invisibles aux yeux de vos profs, mais de là à dire qu’ils vont vous laisser tranquille… C’est même souvent le contraire. Les profs de droit ont la fâcheuse tendance à vouloir que vous rentriez dans le moule. Et il n’y a pas 36 façons de procéder : ils posent des exigences, à vous de rentrer dedans.

Sans plus attendre, examinons ça de plus près.

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Vous avez dit lubrique ?

Raisonnement juridique

Le raisonnement juridique est la base du droit. C’est le fond de commerce de tous les juristes. Un juriste qui ne sait pas poser un raisonnement juridique n’est pas un juriste. En gros.

Si la fac devrait vous apprendre quelque chose c’est bien ça. Raisonner de façon structurée, claire et logique. Ce n’est pas toujours le cas malheureusement… Certains professeurs, brillants dans leur matière, se trouvent être de grosses tanches lorsqu’il s’agit de transmettre une méthode de raisonnement, et n’ayons pas peur des mots, leur passion pour leur matière.

Là vous avez peut-être deux questions qui vous viennent :

  • Qu’est-ce que c’est donc que le raisonnement  juridique ? Le raisonnement juridique est l’application ou l’analyse de l’état du droit. Vis à vis d’un sujet précis (application) ou de la matière étudiée en elle même (analyse).  Dans le premier cas, il s’agit de confronter une série de faits, à la règle de droit, afin de voir le problème, et d’apporter la réponse du droit. Donc la solution juridique à la problématique, devenue juridique elle aussi. Pour la problématique juridique, voici comment en trouver une bonne en commentaire d’arrêt.
  • Comment fait-on pour faire un bon raisonnement juridique ? Ça tient en quelques mots. Principe, conditions, régime, exception/tempérament, application. Et c’est tout. C’est la fameuse méthode de l’entonnoir. Partir du plus large pour aller au plus précis, en vérifiant à chaque fois ce que dit le droit par rapport aux faits proposés, ou à l’analyse demandée. Ceci concerne surtout la dissertation.

2 façons d’y parvenir :

Ne jamais oublier, face à un exercice ces 5 éléments du raisonnement. Principe, conditions, régime, exception/tempérament, application.Et pour ne pas l’oublier, il n’y a pas non plus 20 manières de procéder. Il faut faire, faire et refaire des exercices, en respectant ces éléments. Rapidement, votre raisonnement sera plus rapide et plus mûr.

Ouvrez vos codes. Vous avez sans doute remarqué les petites pages roses (ou bleues pour les pauvres) à la fin de votre code civil préféré. Les plus curieux d’entre vous auront également remarqué des pages de même couleur placées au début de l’ouvrage. Je n’ose y croire, mais les plus téméraires d’entre vous auront même eu la curiosité de LIRE ces pages.

Avant de continuer la lecture de cet article, vous allez vous munir d’un code (la matière importe peu). Et vous allez l’ouvrir sur ces pages roses ou bleues. Vous allez lire ce qu’il y a dedans, et surtout analyser la construction de ce qui est écrit.

Vous avez sous les yeux un raisonnement juridique extrêmement bien élaboré. Si vous analysez la construction de ces pages, vous verrez les 4 premiers éléments du raisonnement. Imprégniez vous de ça. Lisez et relisez les encore, pour comprendre et développer votre intuition sur le raisonnement.

Ce n’est pas pour rien que les matières sont organisées d’une façon et pas d’une autre, et que je vous conseille d’apprendre vos plans.

Vocabulaire juridique

La bête noire des étudiants en droit… Ester en justice, former un pourvoi, interjetter appel, l’action paulienne, les clauses léonines, la nullité, la caducité, la péremption, la prescription… Sans oublier le fameux la loi stipule/la loi dispose ! Autant de mots qui semblent pouvoir s’interchanger entre eux. Ce qui n’est pas illogique d’ailleurs : la nullité, la caducité, la péremption, la prescription on une idée commune : la fin de quelque chose. Pourtant ce n’est pas du tout la même chose : allez jeter un oeil aux effets de la nullité, et comparez-les avec ceux de la caducité.

LE DROIT N’AIME PAS LES SYNONYMES

En n’utilisant pas les bons termes vous trahissez votre manque de connaissance sur le sujet. Chaque terme juridique désigne une réalité précise. Si parlez de caducité alors qu’il s’agit de nullité, en soit c’est pas très grave, ce n’est qu’un mot. Sauf que les effets de la caducité et de la nullité sont bien différents.

Donc, utilisez les bons mots. Non seulement vous ne perdrez pas de points, mais vous en gagnerez. Car les profs en ont assez de lire des copies avec les mauvais termes. Ils récompenseront les étudiants qui connaissent les bons mots.

Pour cela, 2 choses :

Achetez un dictionnaire des termes juridiques

Surlignez les termes importants dans vos cours. Et lorsque vous fichez, recopiez-les sans abréviation, sans mettre de synonymes à la place. Il faut que ça rentre dans votre tête, alors n’hésitez pas sur le bourrage de crâne. Le jour de l’examen, ces termes ne vous feront pas défaut.

Formalisme

Pourquoi le formalisme ? C’est chiant, contraignant, et c’est juste un moyen de brider votre imagination de juriste. Peut-être. Mais le formalisme permet la communication claire entre les personnes du même monde professionnel. Et le droit n’y déroge pas.

Lorsqu’un avocat lillois envoie des conclusions à un juge martiniquais et à son confère toulousain, les deux lecteurs savent parfaitement où trouver l’exposé des faits, les demandes principales et incidentes, les argumentaires. Parce que le formalisme est le même partout en France dans le monde judiciaire (il y a deux trois choses qui changent, mais on retrouve la même logique).

Et à la fac, c’est pour ça que les profs mettent des cartouches à ceux qui ne titrent pas leurs parties, qui ne font pas de paragraphes et qui ekriv com des por. Celui qui écrit inter jetée apel part avec un sérieux handicap pour la notation finale. La méthode est douloureuse, mais beaucoup moins qu’une faute de français ou une mauvaise présentation de votre dossier, une fois dans le monde professionnel.

Pour le formalisme en lui-même, je n’ai pas trop de conseil à vous prodiguer, à part de suivre les consignes de votre fac et les articles de ce blog (!). Mais pour l’orthographe, deux choses.

Lisez. Lisez des livres le plus possible. Pas nécessairement des manuels de droit, mais des livres qui vous changent les idées. Ca enrichira vos constructions grammaticales, votre vocabulaire.

Prenez vos cours sans faire de faute, ou alors corrigez les le plus rapidement possible. Ecrire en abréviations, pourquoi pas mais n’en abusez pas sur les termes complexes. Car à force de lire un mot écrit d’une façon, votre cerveau va finir par enregistrer cette orthographe, à la place de la bonne.

Bonus : j’ai laissé des fautes d’orthographe dans cet article. Entraînez-vous, et signalez moi là où un mot est mal orthographié !

Approfondir ses cours

Pas de panique ! Nul besoin de recopier le gros pavé de 700 pages sur le droit de la famille pour approfondir ses cours. Mais il est vrai que la plupart des polys sont insuffisants pour les partiels. Le cours du prof est le minimum nécessaire pour comprendre la matière. C’est le minimum syndical.

Alors on peut se dire que c’est nul, qu’à ce compte là pourquoi il ne fait pas un cours complet, plutôt que de nous donner du travail en plus ?! Et vous n’avez pas (tout-à-fait) tort…

Toujours est-il que les profs sont comme ça, qu’il n’y a pas beaucoup d’heures de cours pour enseigner des matières qui sont assez longues et pointilleuses.

Pour pallier à ce manque, deux solutions (cumulatives !) :

Lire les articles proposés dans les bibliographies de vos plaquettes de TD. Lire des articles ne prend pas énormément de temps, pas besoin de tout retenir par coeur. Avec les articles de doctrine, votre cerveau fera la même chose qu’avec l’article que vous êtes en train de lire en ce moment. Il va retenir une ou deux idées qui ressortiront du corps de l’article, et ces idées vont vous marquer.

Et à force de lire des articles vous étendrez votre culture juridique, et vous découvrirez des raisonnements qui ne vous seraient jamais passés par l’esprit. Et ça fera une vraie différence dans vos copies. Là dessus il n’y a aucun doute.

Aller sur les sites de Dalloz, ou Lamyline, et tapez quelques mots clés en lien avec votre matière, votre séance de TD. Vous aurez beaucoup de jurisprudence et pas mal de doctrine. Si votre chargé de TD ne vous donne pas de biblio, c’est un bon moyen de trouver de la doctrine. Parfois on tombe sur des articles très intéressants, parfois beaucoup moins…

Astuce dans l’astuce, lisez les titres des paragraphes pour voir si l’article peut vous plaire. Car comme vous le savez, les titres c’est important !

Assiduité dans le travail

Last but not least : l’assiduité, la continuité.

Travaillez un peu tout les jours vaut mieux que travailler un maximum avant les partiels et ne rien faire le reste de l’année. Je ne vous apprend rien en disant ça, et je sais la difficulté que ça représente. Car après tout, il y a des choses tellement plus intéressantes que le droit, quand on est étudiant !

Quelques conseils pour réussir à être assidu :

Faites vous des plannings avec des objectifs à court terme.

Fractionnez au maximum votre travail.

Variez le travail (un soir apprentissage, un soir le TD, un soir de la lecture doctrinale)…

Trouvez des moyens de garder votre motivation, en vous aérant l’esprit.

Vous l’aurez compris, les études de droit sont (un peu) exigeantes. Mais pas impossibles. Si vous êtes régulier, et que vous cherchez à comprendre la logique des matières, vous faites 70% du travail. L’apprentissage viendra par la suite, et sera donc plus facile !

Pour la plupart d’entre vous les partiels sont sur le point de s’achever, alors on garde la pêche ! Bientôt les vacances !

La bise !

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Bientôt la fin des partiels.

 

3 comments on “5 attentes de vos professeurs (et 5 astuces pour vous aider à progresser)

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  2. Ping : Le Syndrome Post-Rentrée | Survivre au droit

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