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Réussir ses titres !

Le titre donne donc l'information et l'analyse que vous en faites. Car ne l'oubliez pas, les exercices juridiques sont des exercices d'analyse du droit au regard d'une situation (pour les cas pratiques et commentaires d'arrêt), d'un état du droit (pour la dissertation).

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Il est déjà plus de 23 heures. Dans sa chambre d’étudiant, Jean-Kévin est assis à son bureau. Une seule source de lumière vient briser l’obscurité des lieux. Une lampe de bureau éclaire un code civil de 2013, des feuilles sur lesquelles sont griffonnées quelques notes de cours. On remarque aussi de nombreuses feuilles froissées, roulées en boule, tombées à coté de la corbeille de bureau, déjà remplie par des  Sopalin usagés… Mais ceci est une autre histoire. Dans l’ombre, on distingue le poster de l’idole de notre Jean-Kévin. Zlatan. Zlatan qui semble esquisser un sourire devant la difficulté de son fan.

Jean-Kévin a un TD demain à huit heure, et il n’a toujours pas avancé. Il est dans la merde car il sait qu’il va se faire relever la copie par son chargé de TD, l’odieux Jean-Doctorant. « En-même temps, se dit-il, cela fait 3 semaines que j’ai réussi à esquiver, il fallait bien que ça arrive ! Mais ce putain de plan détaillé, j’y arrive pas ! »

Laissons-le à son TD. Il est un peu tard pour lui, pour ce TD… Et Jean-Doctorant attend avec impatience le moment où il pourra le mettre en PLS devant ses comparses. Et de temps en temps, ça fait du bien, c’est vrai.

Laissons-le donc pour étudier un point qu’il ne saisira peut-être jamais : l’importance de faire de bons titres dans ses devoirs. 

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« Il n’avait qu’à rendre son plan détaillé. » Jean-Compassion, chargé de TD à UT1 Capitole

L’impact du titre sur la note

Le correcteur n’a pas le temps de lire

Lors des partiels, les chargés de TD et les profs ont de nombreuses copies à corriger. De très nombreuses copies. Alors autant vous le dire tout de suite, votre copie est corrigée comme toutes les autres. C’est à dire, avec le minimum d’attention possible, pour pouvoir passer rapidement à la suivante. Pour ceux qui ont déjà eu des partiels, et qui ont demandé à consulter leurs copies, vous vous en êtes déjà rendu compte. On est loin du lycée avec une lecture approfondie du devoir, des annotations sur votre copie.

Aujourd’hui sur vos copies, il y a la note, peut-être un commentaire en début ou fin de copie, et si vous avez de la chance, un ou deux traits de stylo rouge dans la marge… Le correcteur n’a tout simplement pas le temps de lire en profondeur votre devoir pour vous noter correctement. C’est pour cela que les titres de vos parties sont capital.

La problématique et les titres déterminent la note

Pour fixer la note le correcteur a besoin de voir 3 choses dans la copie :

  • La présentation et la rigueur dans la rédaction : termes techniques et copie propre, qui respecte les critères posés par l’enseignant.
  • La problématique qui répond au sujet.
  • Les titres. Voyons cela plus en détail, voulez-vous ?

A quoi sert un titre ?

Si vous en doutez encore, le titre est donc une étape importante de votre devoir. Il ne faut pas les prendre à la légère, ou trouver des titres bateaux, ultra courts, et qui n’apportent aucune information.

Le but principal du titre est de résumer en quelques mots le contenu de la partie abordée. C’est assez simple en fait.

Votre paragraphe, votre sous partie ou votre partie, développe un contenu axé sur une ou plusieurs informations. Le titre donne l’information ou les informations principales contenues dans le corps de votre partie. L’objectif est double : le lecteur doit savoir de quoi il est question dans le devoir en lisant uniquement les titres. De plus il doit avoir envie de lire le contenu du devoir.

Le titre donne donc l’information et l’analyse que vous en faites. Car ne l’oubliez pas, les exercices juridiques sont des exercices d’analyse du droit au regard d’une situation (pour les cas pratiques et commentaires d’arrêt), d’un état du droit (pour la dissertation).

Le titre ne doit donc pas être purement descriptif, si votre partie n’est pas uniquement descriptive. Et elle ne doit jamais l’être.

Un exemple tiré d’une notion phare du droit des obligations : la force obligatoire du contrat. Dans le plan ci-dessous, les titres sont purement descriptifs. Il n’en ressort aucune analyse. Et c’est bien normal, puisqu’il s’agit d’un plan de cours.

I) Force obligatoire du contrat et parties

A) Principe

B) Conciliation de la bonne foi et de la force obligatoire du contrat

II) Le juge et la force obligatoire du contrat

A) Le principe de l’absence de révision pour imprévision

B) Aménagements du principe

1) Aménagements légaux et conventionnels

Toutefois, tout n’est pas à jeter dans ce plan détaillé. Il y a même plusieurs éléments très intéressants.

Que faut-il pour faire un bon titre ?

Il y a un moyen simple de vérifier si vos titres sont bons. Lisez-les les uns à la suite des autres, sans lire le contenu des parties ; et voyez si ils donnent toutes les informations nécessaires à la compréhension du sujet.

Bien sûr, la phrase que vous lirez n’aura pas de sens, mais tout sera là. Donc les bons titres sont (je me répète volontairement !) ceux qui exposent le fil de votre argumentation développée dans les parties.

Dans l’exemple tiré du cours, les titres sont très bons -encore une fois, car il ne s’agit pas de titres de devoirs- parce qu’on sait de suite de quoi on va nous parler. Le raisonnement juridique est exposé, avec les idées principales. Il ne reste plus qu’à lire le contenu pour tout saisir.

Dans les devoirs

L’idée est la même. Votre devoir n’est en fait qu’un long argumentaire qui soutient une thèse. Un raisonnement et une analyse juridique sur un point particulier du droit. Les titres doivent être le reflet de cette analyse.

Voici un exemple de plan de commentaire sur l’arrêt Nicolo :

I) L’arrêt Nicolo : un revirement de jurisprudence pressenti et nécessaire dans « l’histoire tourmentée des relations entre les traités et la loi en droit français»

A ) L’article 55 de la Constitution de 1958 ou la primauté des « traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés » sur les lois

B ) La jurisprudence du Conseil d’État ou la primauté des lois internes postérieures sur les traités (internationaux)

II ) Un revirement  discret et prudent source d’évolution jurisprudentielle majeure

A )  L’avènement implicite et limité du contrôle de conventionnalité

B ) Les répercutions de l’arrêt Nicolo dans la jurisprudence s’inscrivant dans le cadre de la primauté du droit international sur le droit interne

Bon ok. Là il y a du gros level. Je ne vous le cache pas, c’est un commentaire de doctrine fait par des juristes élevés en plein air, dressés pour ce genre d’activité. Ok. On ne vous demandera pas des plans aussi carrés que celui là lors de l’examen. Mais la logique à adopter est celle-là. Et puis, il vaut mieux apprendre avec ce qu’il y a de meilleur, non ?

Analysons les titres en deux parties. Le contenu et la forme.

Le contenu des titres

Je ne suis pas passionné de droit administratif et mes cours remontent à quelques années. Toutefois grâce à ces titres je comprends l’intérêt de l’arrêt. Car les titres sont déjà assez techniques. En tout cas le vocabulaire est juridique, et les concepts des parties sont abordés.

Je n’ai pas relu l’arrêt avant de trouver ce plan, mais grâce aux titres, je peux affirmer que cet arrêt traite de la hiérarchie des normes nationales et internationales, débat qui fait rage depuis longtemps, et dont l’arrêt apporte un nouvel angle de vue ; puisqu’il s’agit d’un revirement.

Comment faire un bon titre ?

Aspect matériel

Les exigences et les règles vis-à-vis des titres peuvent changer en fonction des facs. Toutefois, il y a certaines règles immuables, que voici.

Pas de verbes conjugés ou à l’infinitif

Pas de titre sous forme de question

Pas de ponctuation. JAMAIS. ni « , » ni « . » ni « … » JAMAIS. Un titre n’est pas une phrase.

En revanche :

Des termes juridiques précis.

Des avis juridiques. Dans l’exemple, le I) donne un avis sur le revirement. Il est pressenti et nécessaire. Comme dans le devoir on prend position, il est normal de faire la même chose dans le titre, puisque c’est le reflet du contenu de la partie. 

Aspect organisationnel

Arrivé à ce stade de l’article, vous avez sûrement une réflexion en tête, ou une question : comment fait-on pour résumer les parties alors qu’elles ne sont pas encore là ?

Un article va bientôt sortir sur la méthodo du brouillon, mais déjà, quelques éléments de solution :

Je vous parle assez souvent de la méthode de l’entonnoir, partir du plus large pour aller au plus précis. Pour les titres c’est l’exact contraire.

Après avoir trouvé votre problématique, vous notez au brouillon les thèmes qui s’y rapportent. Après avoir classé ces thèmes par idées (4 catégories : une par sous partie) vous avez les grands axes de votre plan.

Rassuré par le fait que vous avez vos sous-parties, vous pouvez commencer à affiner le contenu. Ce n’est qu’une fois que ce travail est fait que vous pouvez nommer vos sous parties. Et après vos 2 parties.

La version courte :

  • trouver la problématique
  • trouver le contenu des sous parties
  • titrer les sous parties
  • titrer les parties

Cela fait beaucoup de choses à retenir je trouve… Alors en résumé :

Un bon titre :

N’est pas une phrase

Est le reflet du contenu qu’il annonce

Et doit refléter la prise de position faite

Se fait en dernier sur le brouillon, pour être le vrai reflet de la copie.

Tous les titres mis bout-à-bout :

Doivent permettre de saisir toutes les notions traitées dans la copie, et l’orientation juridique de celle-ci.

Dit comme ça, ça peut être un peu effrayant. Mais je vous assure, qu’une fois que vous trouvez le contenu de vos sous-parties, les titres s’imposeront d’eux-mêmes. Rassurés ?

Aujourd’hui on se quitte sur l’image qui a fait que Jean-Kévin s’est mis au droit.

Allez, la bise.

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Jean-Kevin rêve d’être Harvey Specter. Samantha, elle, rêve d’autres choses avec Harvey. Mais nous n’en parlerons pas.

 

5 comments on “Réussir ses titres !

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